Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

22/02/2013

Luther et la guerre contre les Turcs (2).

Guerre contre les Turcs (4).jpg 

    Et il dit : « Ce traître est à jamais réprouvé ; je ne voudrais pas trahir un chien. Je crains qu'il n'arrive mal à Ferdinand, qui a laissé mener une si grande armée dans les pièges des Turcs. Nos princes et seigneurs devraient aller en personne combattre le Turc , au lieu de si peu se préoccuper de lui résister : le Turc n'est pas un ennemi à dédaigner. Au lieu de tenir tête fermement à la puissance de cet envahisseur, nous autres Allemands, troupeau fainéant, nous croupissons dans l'oisiveté , nous nous livrons à la crapule, nous jouons, nous nous divertissons, rien ne nous émeut. L'Allemagne a été un beau pays, mais l'on dira d'elle ce qu'on dit de Troie : Fuit Ilium. Prions Dieu pour qu'au milieu de tant de calamités il conserve nos consciences. Je crains beaucoup que l'Allemagne ne s'épuise d'argent et de forces, et puis elle succombera sous le Turc. On me reproche tout cela, à moi, malheureux Luther; on m'oppose la révolte des paysans et les sectes des sacramentaires , comme si j'en étais l'auteur. Aussi ai-je bien souvent jeté les clefs devant les pieds de Dieu. »

Le 11 février 1539, on annonça que les Turcs avaient remporté une victoire sur les Valaques, et qu'ils se dirigeaient vers l'Allemagne par la Pologne. Le docteur Luther répondit : « Le Turc veut s'emparer de l'Allemagne, c'est un ennemi formidable, il a des forces imposantes , des armées nombreuses et aguerries; il avance pas à pas et montre beaucoup de prudence. C'est un grand malheur que nous restions dans la sécurité , le regardant comme un ennemi ordinaire, tel que le serait le roi de France ou le roi d'Angleterre, si Raphaël ou Gabriel ne vient pas à notre secours, nous périrons. »

Le docteur Luther déplorait la négligence de l'empereur Charles-Quint qui, distrait par d'autres guerres , ne se préoccupait point assez des progrès du Turc. Il en est chez le Turc comme autrefois chez les Romains , tout sujet est soldat, et il l'est tant qu'il se trouve en état de porter les armes. Aussi le Turc a-t-il des armées très-nombreuses et composées d'hommes très-exercés. Nous réunissons des armées passagères d'hommes levés à la hâte et sans expérience; on ne peut compter sur eux. Dieu nous préserve des fléaux de la guerre! Je crains que les papistes ne s'unissent aux Turcs pour nous exterminer. Plaise à Dieu qu'en ceci je prophétise mal ! mais la malice de Satan est infinie, et les papistes confus et désespérés machineront de leur mieux pour nous livrer aux Turcs. 

Les Turcs emploient a la cour, et pour écrire des lettres, la langue schitique ; ils se servent de l'arabe pour ce qui regarde la religion , parce que c'est en arabe que Mahomet a composé l’Alcoran. S'ils viennent en Allemagne, ce sera pour la dévaster, non pour la soumettre. Si l'Allemagne n'avait qu'un maitre, et si la concorde y régnait, elle lui résisterait sans peine; mais les papistes, mes ennemis furieux, veulent d'abord que l'Allemagne soit ravagée.

Le dernier jour de juillet 1539, on apprit que le roi de Perse avait attaqué les États du Turc, et que celui-ci s'était vu obligé de retirer ses forces de la Valachie (1). Le docteur Luther dit qu'il admirait la puissance du roi de Perse , qui était en mesure de s'en prendre à un ennemi aussi puissant, et que c'étaient deux grands empires. On assure que le roi de Perse a dit que le Turc lui opposait des femmes, mais que lui il marcherait à la tête d'hommes belliqueux. L'Allemagne parviendrait à tenir tête au Turc si elle tenait continuellement sur pied une armée de cinquante mille fantassins et de dix mille cavaliers, de façon que les pertes occasionnées par une défaite fussent promptement réparées.

On assure que le duc de Saxe , Albert, a dit que s'il avait une armée de cinquante mille soldats, il ferait la conquête du monde. Les Romains triomphaient de tous leurs ennemis, parce qu'ils avaient constamment sur pied quarante-deux légions de six mille hommes chacune, et que ces soldats étaient exercés à guerroyer sans relâche et soumis à une discipline rigoureuse. Il en est de même des Turcs.

On dit que l'Évangile se prêchait dans diverses villes de la Grèce; le docteur Luther répondit: « Le Turc est un ennemi qui peut beaucoup contre l'empire romain ; mais nous prions Dieu de déjouer ses trames, et peut-être voudra-t-il les convertir par l'entremise de pieux prédicateurs. »

1 La guerre entre les Turcs et les Persans était presque continuelle ; en 1533, le schah Tamasp avait déjà été aux prises avec Soliman et s'était emparé de Bagdad, Hammer (t. V, p. 203) a retracé la marche des hostilités auxquelles Luther fait ici allusion.

 

Guerre contre les Turcs (5).jpg

 

Il fut question des Turcs, et quelqu'un dit que l'empereur Charles avait fait passer dix-huit mille Espagnols en Autriche pour les combattre.—Le docteur Luther poussa un soupir et dit : « Ah ! c'est bien un signe des derniers jours et des derniers temps, lorsque des peuples aussi cruels que les Espagnols et les Turcs veulent être les maîtres; J'aimerais mieux avoir les Turcs pour ennemis que les Espagnols pour protecteurs; car ceux-ci sont des tyrans bien barbares. Ce sont, pour la plupart, des Maranes , des juifs baptisés qui ne croient à rien. »

Jésus-Christ a sauvé nos âmes, prions-le de vouloir bien aussi sauver nos corps , car les Turcs vont frapper un rude coup sur l'Allemagne. Il me vient la sueur quand je pense à toutes les calamités qui vont tomber sur nous. — Alors Catherine, la femme du docteur Luther, s'écria : « Que Dieu nous préserve du Turc! » — Le docteur répondit : « Non , il faut bien qu'il vienne nous châtier, et il nous secouera d'importance. »

On écrivit de Torgau que les Turcs avaient conduit à Constantinople vingt-trois prisonniers chrétiens, et que ceux-ci ayant hautement et publiquement confessé leur foi, l'empereur des Turcs les avait fait décapiter. — Le docteur Luther dit : « Si cela est vrai, ce sang criera contre les Turcs, comme le sang de Jean Huss crie contre les papistes. Il est certain que la tyrannie et la persécution ne peuvent étouffer la parole de Jesus-Christ; c'est dans le sang qu'elle prospère et fleurit ; si l'on fait périr un chrétien , une foule d'autres surgissent. 

Le docteur Luther dit un jour : « Ce n'est pas sur nos murailles ni sur nos arquebuses que je compte pour repousser les Turcs, c'est sur le Pater noster. Voilà ce qui les battra ; le décalogue ne suffit pas pour en triompher. Je disais aux ingénieurs de Wittemberg : « Pourquoi construisez-vous des murailles? Souvenez-vous du verset de l'Écriture : Angeli Domini circumvallant timentes se. Vos murs ne sont que fiente ( dreck ) ; les murs dont un chrétien doit s'entourer ne sont pas construits de chaux et de pierre, mais d'oraison et de foi. » Mais je perdis ma peine , les courtisans traitent les théologiens d'ignorants.

 

Guerre contre les Turcs ( 6).jpg

  

Il faut prier et crier vers Dieu, car nos gens de guerre ont trop de présomption ; ils se tient trop à leur nombre et à leur force. Tout cela finira mal. Les chevaux allemands sont plus forts que ceux des Turcs, ils peuvent les renverser ; ceux-ci sont plus agiles, mais de moins grande taille.

Le docteur Luther dit une autre fois : « J'espère qu'il viendra un temps où Dieu exaucera nos prières ; l'empire Turc sera déchiré par des dissensions intestines, car les quatre frères, fils de l'empereur, se disputeront la souveraineté. Ce qui s'élève haut est sujet à tomber. Celui qui grimpe sur les montagnes peut dégringoler et se casser le cou ; un bon nageur peut se noyer. Si telle est la volonté de Dieu, il ne faut que la durée d'un clin d'œil pour réduire en poudre la domination des Turcs. »

    Le Turc est le peuple de la colère de Dieu. C'est une chose horrible de le voir mépriser le mariage. Les Romains n'agissaient pas de même. Il n'y a pas de mariage dans le pays des Turcs. Aussi sont-ils blasphémateurs et coureurs de p....ns; blasphémateurs, puisqu'ils disent : « Que Dieu confonde celui qui dit que Jésus-Christ est Dieu. » 

Un soir, on parlait des Turcs, et le docteur Luther dit : « Je suis comme le psalmiste, je ne m'assure point en mon arc, et mon épée ne me délivrera point ( Ps. XLIV, v. 7 ). »

«Si Dieu ne nous assiste pas, tout est perdu. Croyez-vous, si les Turcs viennent, que cent mille hommes seraient pour eux un obstacle ? Dieu n'a besoin que d'un morceau de paille pour disperser cent mille hommes. »

15/02/2013

La ville de Luther.

Wittemberg
Lutherstadt Wittenberg

Héraldique

 

 Administration 

 ↑

Géolocalisation sur la carte : Allemagne

 ↓

 

Wittemberg, en allemand Lutherstadt Wittenberg, est une ville de Saxe-Anhalt en Allemagne, située au bord de l'Elbe. Elle a une population d'environ 50 000 habitants, et a été le siège de l'électorat de Saxe tenu par les ducs de Saxe-Wittenberg (liste des souverains de Saxe).

Wittemberg est aussi célèbre pour ses liens étroits avec Martin Luther et les origines de la Réforme protestante : plusieurs de ses bâtiments sont associés aux événements de ce temps. Une partie du cloîtreaugustin (maison de Luther) dans laquelle Luther a demeuré, d'abord en tant que moine puis comme propriétaire avec son épouse Katharina von Bora et ses six enfants, est préservée, et a été transformée en musée de Luther. Il contient de nombreuses reliques de Luther, ainsi que des portraits et d'autres peintures par Lucas Cranach l'Ancien et Lucas Cranach le Jeune (père et fils). L'Augusteum, construit entre 1564 et 1583 en raison de la présence du monastère, est maintenant un séminaire théologique.

 

Histoire

Fondée au XIIe siècle (citée pour la première fois en 1180), cette ville saxonne connaît à l'aube du XVIe siècle un important rayonnement économique, technique, artistique et surtout intellectuel grâce à son université de Wittemberg. Martin Luther y enseigne la théologie dès 1508, puis y affiche ses 95 thèses contre le commerce des indulgences en 1517 sur les portes de l'église de la Toussaint de Wittemberg (dédiées au papeLéon X). Wittenberg devient alors le principal lieu de formation de la Réforme protestante

 

 Place du marché, mairie et église Sainte-Marie   

 

Église de la Toussaint de Wittemberg

 

Maison de Luther (XVIe siècle 

 
Maison de Philippe Mélanchthon

11/02/2013

La guerre de trente ans : conséquence de la réforme luthérienne.

 
Conflit qui ravagea l'Europe, particulièrement le Saint Empire, de 1618 à 1648, et qui se prolongea entre la France et l'Espagne jusqu'en 1659.
 

 

La guerre

L'instabilité politique et religieuse du Saint Empire romain germanique est à l'origine du conflit : pour résister aux progrès de la Réforme catholique, les princes protestants, dont certains ont adhéré au calvinisme, confession non reconnue par la paix d'Augsbourg (1555), se regroupent en une Union évangélique (1608). 

Les princes catholiques leur opposent la Sainte Ligue allemande (1609), dirigée par le duc Maximilien Ier de Bavière. 
Les protestants de Bohême se rebellent contre l'autorité des Habsbourg en 1618 (défenestration de Prague, qui déclenche la guerre de Trente Ans). Après avoir déposé (août 1619) le Habsbourg Ferdinand de Styrie (qui devient empereur le même mois sous le nom de Ferdinand II), les Tchèques donnent la couronne de Bohême à l'Électeur palatin Frédéric V, mais ils sont défaits à la Montagne Blanche (novembre 1620) par les troupes de la Ligue dirigées par Tilly. L'empereur Ferdinand II mène alors une dure répression en Bohême et la Ligue occupe le Palatinat qui perd l'électorat au profit de la Bavière (1623). 
Christian IV, roi de Danemark, intervient alors en Basse-Saxe, avec l'appui des princes protestants du Nord. Mais Wallenstein bat les protestants près de Dessau (avril 1626), et Tilly défait Christian IV à Lutter (août). Le Danemark doit conclure la paix de Lübeck (mai 1629). 
Ferdinand II, devenu maître de l'Allemagne du Nord, promulgue un édit de Restitution des biens sécularisés (mars 1629). Richelieu, qui a déjà occupé la Valteline (1625) pour prévenir une jonction des Habsbourg d'Espagne et d'Autriche, réussit par ses intrigues à la diète de Ratisbonne (1630) à empêcher le fils de Ferdinand II d'être élu roi des Romains. Les princes catholiques de la Ligue, se méfiant de la puissance de l'empereur, contraignent celui-ci à congédier Wallenstein.

 


   

 
L'Allemagne pendant la guerre

Richelieu suscite l'intervention en Allemagne de Gustave II Adolphe, roi de Suède et protestant. La victoire de ce dernier sur Tilly à Breitenfeld (septembre 1631) ouvre aux Suédois la route de l'Allemagne du Sud. Rappelé par l'empereur, Wallenstein ne peut les contenir et est défait à Lützen (novembre 1632), bataille où Gustave Adolphe trouve la mort. L'armée suédoise est désormais conduite par Bernard de Saxe-Weimar et G. Horn. Wallenstein, ayant pactisé avec l'ennemi, est assassiné en février 1634 sur l'ordre de l'empereur. 
Après la victoire remportée par les troupes impériales, espagnoles et bavaroises à Nördlingen (septembre 1634), les Suédois se retirent au nord du Main et la Saxe signe le traité de Prague (1635). La désunion des protestants et les négociations de paix amènent Richelieu à intervenir directement contre les Espagnols et les impériaux. D'abord menacée sur la Somme en 1636, la France se reprend : occupation de l'Alsace (1639), prise d'Arras (1640), de Perpignan (1642), victoire de Condé à Rocroi (1643). 
Les Suédois réussissent une nouvelle campagne en Bohême et en Moravie et menacent Vienne en 1645. Turenne contraint la Bavière à solliciter la paix (1647). L'épuisement général et l'impossibilité pour chacun d'obtenir un avantage décisif conduisent à des négociations qui aboutissent en 1648 aux traités de Westphalie. Le conflit se prolongera néanmoins encore dix années entre la France et l'Espagne, qui devra accepter le traité des Pyrénées (1659). Mais la guerre aura précipité la ruine – encore incomplète, mais désormais irréversible – du Saint Empire. Quant à l'Allemagne, presque totalement ravagée, elle a perdu 40 % de sa population.

19:07 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

08/02/2013

Comprendre les psaumes.

Les Psaumes.jpg

 
Étudier les psaumes pour mieux les prier ensuite...
 
Le livre des Psaumes est le livre de prière du peuple juif puis du peuple chrétien. Non pas les paroles de Dieu aux hommes, comme tous les autres livres, mais les paroles des croyants à Dieu. Ce livre des chants du Temple, formé après l’exil, est l’œuvre des lévites chantres, qui animaient la prière du peuple. Son attribution à David est légendaire.

Le nom grec psalmos désigne un chant accompagné à la lyre ou à la harpe. Le nom hébreu des Psaumes est tehillim, « louanges » ; c’est la même racine que l’impératif : hallelou-Yah : « louez le Seigneur ». Contrairement à notre mot « prière », les psaumes ne sont pas d’abord des demandes, mais des hymnes, des louanges de Dieu.

Le livre des Psaumes est le recueil des chants du Temple, formé après l’exil. Les psaumes les plus récents datent du 2e siècle av J.-C. Beaucoup de psaumes appartiennent à un recueil appelé « Pour David » (Ps 3, etc.). En effet David était musicien (1 S 16,16-23 ; 2 S 1,17-27) et, selon le livre des Chroniques (4e siècle av. J.-C.), il aurait organisé le culte à Jérusalem avant même la construction du Temple par Salomon, instituant des lévites comme chantres et musiciens (1 Chr 25) ! En réalité, la plupart des psaumes ont été composés par les lévites après l’exil.

Dans la plupart de nos Bibles, les premiers versets gardent des indications obscures sur le recueil, l’instrument de musique à utiliser (ex. Ps 4, 5 et 6 ou encore 8) et même sur l’air à chanter (ex. Ps 22).

Treize Psaumes sont rattachés fictivement à tel ou tel épisode de la vie de David (ex. Ps 18 ou 51). Mais c’est surtout la forme littéraire des psaumes et leur théologie qui permet de deviner leur milieu d’origine.

Le Psautier a été divisé en cinq livrets, dont chaque dernier psaume s’achève par une doxologie : Ps 41,14 ; 72,18-20 ; 89,53 ; 108,48 et tout le Ps 150.

 

09:05 Publié dans Louange | Lien permanent | Commentaires (0)

05/02/2013

Un personnage contestable : le Pasteur Adolf Stoecker

 Pasteur Stoecker.jpg 

 

Origines :

Adolf Stoecker est le fils d'un forgeron devenu par la suite agent de police au régiment de cuirassiers de Halberstadt. De 1854 à 1857, il étudie la théologie à l'université Martin Luther de Halle-Wittenberg et l'université Humboldt de Berlin. Après ses études et cela jusqu'en 1862, il exerce dans différentes familles nobles comme à Riga chez le comte Lambsdorff, mais également comme aumônier militaire. Après l'Oberlehrerexamen (l'examen permettant d'enseigner) de 1862, il participe à un voyage de neuf mois en Allemagne du Sud, en Suisse et en Italie.

 

Biographie politique et ecclésiastique :

En 1863 Stoecker devient pasteur à Seggerde (Altmark). Trois ans plus tard, il change de paroisse pour s'occuper de celle de Hamersleben, une petite ville industrielle. Marié depuis 1867 à Anna Krüger, fille d'un conseiller de commerce brandebourgeois, il quitte Hamersleben en 1871 après s'être violemment opposé aux mariages inter-confessionnels. Il devient la même année pasteur à Metz.

À partir du 17 octobre 1874, Stoecker devient quatrième prédicateur à Berlin. Depuis 1863, ses écrits dans le Neue evangelische Kirchenzeitung l'avaient rendu intéressant aux yeux de la cour. La même année, il devient membre de la direction synodale générale de l'église régionale de l'ancienne Prusse.

En 1878, Stoecker expose ses opinions réformatrices sociales chrétiennes dirigées contre la social-démocratie lors de la Eiskeller-Versammlung. C'est lors de cette réunion que le Parti chrétien social des travailleurs est fondé. Il changera de nom en 1881 pour devenir le Christlich-soziale Partei. Le but du parti est de défaire les liens existants entre le SPD (socialiste) et les ouvriers en exerçant une politique sociale monarchiste et chrétienne mais également en diffusant l'antisémitisme. Après un échec retentissant lors des élections parlementaires de 1878, Stoecker redirige son action pour gagner les classes moyennes. Un an auparavant, Stoecker avait pris la direction de la Berliner Stadtmission, une association évangélique dont le but est de freiner le déclin de la religion en s'engageant socialement et ainsi faire retrouver à l'église un prestige accru.

Une diaconie est mise en place, elle s'occupe des malades, des handicapés et des groupes discriminés. C'est ainsi que Stoecker fonde la Schrippenkirche dans la Ackerstraße où une tasse de café et deux petits pains sont distribués après l'office religieux. Les prêches qu'il publie atteignent un tirage de 130 000.

De 1879 à 1898, Stoecker est député pour la circonscription de Minden-Ravensberg au parlement de Prusse. De 1881 à 1893 puis de 1898 à 1908, il est député au Reichstag pour la circonscription de Siegen-Wittgenstein-Biedenkopf. Enfin, il est jusqu'en 1896 le représentant du Deutschkonservative Partei auquel les sociaux-chrétiens s'étaient ralliés.

Après n'avoir pas réussi à rallier à lui les ouvriers et les sociaux-chrétiens, Stoecker se tourne avec succès vers les classes moyennes en recourant à la propagande antisémite. Son action trouve un écho favorable parmi certains étudiants. Le Christlich-Soziale Partei reste cependant dépendant des conservateur. Stoecker et Hammerstein envisagent de transformer le Deutschkonservative Partei en un parti de masse en association avec le Kreuzzeitung ultra conservateur.

En 1883, Stoecker est nommé deuxième prédicateur et il devient quatre ans plus tard l'éditeur du Neue evangelische Kirchenzeitung.

Entre 1887 et 1888, Stoecker et l'aile droite de son parti entrent de plus en plus en conflit avec la politique du chancelier Otto von Bismarck. Stoecker a cependant une grande influence sur le prince Wilhelm, le futur Guillaume II d'Allemagne et essaie de le retourner contre Bismarck. Dans les lettres publiées par le Vorwärts sous le titre Scheiterhaufenbrief (littéralement lettres du bûcher), on apprend que Stoecker a comploté pour obtenir la destitution de Bismarck.

En 1889, Bismarck exige de Stoecker qu'il renonce publiquement à tout engagement politique actif et l'année suivante, Stoecker perd sa charge de prédicateur. La même année, Stoecker fonde le Congrès social-évangélique afin de se confronter à la question sociale. Des intellectuels libéraux comme Friedrich Naumann, Adolf von Harnack ou Otto Baumgarten en font partie.

Après le renvoi de Bismarck, Stoecker gagne de plus en plus d'influence sur les conservateurs allemands. Lors du congrès du parti, le Tivoli-Parteitag de 1892, les antisémites réussissent sous la direction de Stoecker à ancrer l'antisémitisme dans le programme du Deutschkonservative Partei.

Étant donné que les libéraux ont la majorité au sein du Congrès social-évangélique, Stoecker le quitte en 1896. Il fonde dès lors la Freie kirchlich-soziale Konferenz. Friedrich Naumann et Helmut von Gerlach fondent le Nationalsoziale Partei. C'est ainsi que la caractère conservateur et antisémite du parti de Stoecker est devenu encore plus visible.

Après que Stoecker a quitté les conservateurs allemands en 1896 à la suite de son implication dans différents scandales, son parti a connu un déclin généralisé. Les sociaux-chrétiens se sont alors retrouvés à s'allier avec d'autres partis antisémites. Stoecker et son parti avaient alors perdu presque toute leur influence politique.

 

Stoecker et la question juive :

Dans la vision que Stoecker a du monde est a replacé dans son époque, la judaïté moderne pour lui était synonyme de libéralisme, de capitalisme, de matérialisme et d'athéisme. De plus, « pour lui, juifs et sociaux-démocrates ne font qu'un » thése plus que contestable. Dans son esprit, les réformes sociales chrétiennes et l'antisémitisme ne sont pas contradictoires mais se conditionnent conjointement, ce qui était banal à son époque, nous parait aujourd'hui  scandaleux. Il élève le premier en Allemagne l'antisémitisme en une clé pour  comprendre la politique moderne.

Stoecker s'est distancé  de l'antisémitisme racial. Ses déclarations  oscillaient entre un antijudaïsme chrétien traditionnel et une vision moderne  populiste, ce qui a accru son potentiel de ralliement. Stoecker a largement contribué à ce que ces théses se propage dans le protestantisme et les partis conservateurs.

Adolf Stoecker meurt le 2 février 1909 à l'âge de 73 ans à Gries bei Bozen. Il est enterré au Friedhof der Dreifaltigkeitskirche à Berlin-Kreuzberg.

Dans son roman Der Untertan, Heinrich Mann évoque Stöcker lorsque l'avocat Wiebel s'engage en politique : « Après son exposé les Néo-Teutons jugèrent d'un commun accord que le libéralisme juif était le fruit annonciateur de la démocratie sociale, et que les Allemands chrétiens devaient serrer les rangs autour de Stöcker, le prédicateur de la cour ».

 

Œuvres:

  • Der religiöse Geist in Volk und Heer während des französischen Krieges, Vortrag, Berlin 1876

  • Das moderne Judenthum in Deutschland, besonders in Berlin. Zwei Reden in der christl.-socialen Arbeiterpartei, Berlin 1879

  • Zur Handwerkerfrage, Vortrag, Breslau 1880

  • Die Bewegungen der Gegenwart im Lichte der christlichen Weltanschauung, Heidelberg 1881

  • Die persönliche Verantwortung der Besitzenden und Nichtbesitzenden in der sozialistischen Bewegung und Gegenwart, Vortrag. Basel 1881

  • Eine entscheidende Stunde deutscher Geschichte, Halle 1881

  • ’Wirket so lange es Tag ist!’ Festpredigt bei der 50-jährigen Jubelfeier der Elberfeld-Barmer-Gefängnis-Gesellschaft am 14. Oktober 1883 über Ev. Joh. 9, v. 1-4, Elberfeld 1884

  • Eins ist noth. Ein Jahrgang Volkspredigten über freie Texte, Berlin 1884

  • Christlich-Sozial. Reden und Aufsätze, Bielefeld 1885

  • Predigten, Berlin 1886

  • Den Armen wird das Evangelium gepredigt. Ein Jahrgang Volkspredigten über die Evangelien des Kirchenjahres, Berlin 1887

  • Die sozialen und kirchlichen Notstände in großen Städten, Vortrag, Stuttgart 1888

  • Die sonntägliche Predigt, Berlin 1889

  • Wandelt im Geist. Ein Jahrgang Volkspredigten über freie Texte, Berlin 1889

  • Sozialdemokratie und Sozialmonarchie, Leipzig 1891

  • Arm und Reich, Vortrag, Basel 1891

  • Innere Mission und sociale Frage, Leipzig 1891

  • Das Salz der Erde. Ein Jahrgang Zeitpredigten, Berlin 1892

  • Wach’ auf, evangelisches Volk!, Berlin 1893

  • Dreizehn Jahre Hofprediger und Politiker, Berlin 1895

  • Von Stoecker zu Naumann. Ein Wort zur Germanisierung des Christentums, Heilbronn 1896

  • Verheißung und Erfüllung. Ein Jahrhundert Volkspredigten über alttestamentliche Texte, Berlin 1897

  • Die Leitung der Kirche. Ein Weckruf, Siegen 1899

  • Reden im neuen Reichstag 1899, Siegen 1899

  • An der Grenze zweier Jahrhunderte, Berlin 1900

  • Das Evangelium eine Gotteskraft. Ein Jahrgang Volkspredigten über die Evangelien der neuen Perikopen, Berlin 1900

  • Das christliche Sittlichkeitsideal und der Goethebund, Hamburg 1901

  • Kann ein Christ Sozialdemokrat, kann ein Sozialdemokrat Christ sein?, Berlin 1901

  • Beständig in der Apostellehre. Ein Jahrgang Volkspredigten über die Episteln der Eisenacher Perikopenreihe, Berlin 1901

  • Welche Gefahren drohen dem kirchlichen Bekenntnisseitens der modernen Theologie und was können die evangelischen Gemeinden tun zur Abwehr?, Gütersloh 1902

  • Die drei Paladine des alten Kaisers. Erinnerungen aus großer Zeit, Essen 1906

  • Kirche und