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13/06/2014

Chrétiens de Syrie : l’enjeu crucial de parler d’une seule voix (1/2)

 

 

                                                                               

 

 

 

 
 
 
 
Conférence de presse : « Chrétiens de Syrie : l’enjeu crucial de parler d’une seule voix ». Compte-rendu et photo par Gilles-Emmanuel Jacquet

 

Le jeudi 8 mai 2014 les représentants des principales Églises de Syrie se sont réunis à Genève afin d’alerter l’opinion publique occidentale sur les graves persécutions frappant les chrétiens de leur pays ainsi que les souffrances subies par l’ensemble du peuple syrien, toutes communautés confondues. La conférence de presse de l’après-midi [1] permit de rappeler que le conflit en Syrie est aussi une guerre médiatique et que par le passé les relations inter-communautaires étaient harmonieuses.

 

 

Les journalistes présents au Club Suisse de la Presse et le très grand nombre de personnes venues le soir au Temple de la Fusterie ont pu y entendre un compte rendu accablant sur la situation en Syrie ainsi qu’un vibrant mais aussi pressant appel à une réelle prise de conscience porté par d’éminentes personnalités telles que S.E. Mgr. Dionysius Jean Kawak (archevêque de Damas en charge de l’Office Patriarcal, Église Syriaque Orthodoxe), S.E. Mgr. Nicolas Balbaaki (évêque de Bloudan et assistant patriarcal à Damas, Église Grecque Orthodoxe), S.E. Mgr. Nicolas Antiba (archevêque de Bosra et Hauran, Église Melkite Grecque Catholique), S.E. Mgr. Giuseppe Nazzaro (ancien vicaire apostolique d’Alep et ancien Custode de Terre Sainte, Église Catholique Romaine), Samer Laham (directeur du département des relation œcuméniques et du développement du Patriarcat Grec Orthodoxe d’Antioche et de tout l’Orient – Damas), Ghassan Chahin (représentant de l’Église Melkite Grecque Catholique au sein du Haut Comité à l’Aide Humanitaire du Ministère des Affaires Sociales de Syrie) et Johnny Messo (président du « World Council of Arameans – Syriacs », Église Syriaque Orthodoxe).

 

 

Mgr. Dionysius Jean Kawak a expliqué que le conflit touchant son pays a poussé un tiers des chrétiens à fuir et que les Églises n’ont pas cessé de demander de l’aide, notamment humanitaire, tout en affichant leur volonté de dialoguer. Il a été évoqué également l’absence d’informations concernant le métropolite grec orthodoxe Mgr. Boulos Yazgi et le métropolite syriaque orthodoxe Mgr. Mar Gregorios Yohanna Ibrahim, enlevés le 22 avril 2013 près d’Alep.

 

 

Mgr. Nicolas Antiba a rappelé que dans le passé son archidiocèse de Bosra et Hauran était le grenier à blé de l’Empire romain puis de la Syrie : de très nombreux champs furent ravagés et détruits par les insurgés afin de créer une situation de famine et tenter de pousser une partie de la population à la révolte contre les autorités de Damas. Très peu de médias ont relaté le fait que les villages de l’archidiocèse de Bosra et Hauran ont été systématique vidés de leur population par les rebelles, les églises détruites et le fils d’un prêtre kidnappé à Kharaba. Le sort des Chrétiens locaux a été partagé par celui de leurs voisins musulmans qui ont été également forcé de fuir.

 

 

La tragédie qui touche la Syrie, son peuple et sa communauté chrétienne n’est malheureusement pas nouvelle pour la région comme l’ont évoqué Samer Laham puis Ghassan Chahin : l’Irak a connu le même sort et par le passé la Syrie a accueilli de nombreux réfugiés irakiens, Musulmans et Chrétiens, mais aussi libanais comme ce fut le cas en juillet 2006 lors du conflit opposant Tsahal au Hezbollah. La Syrie a toujours accueilli chaleureusement les réfugiés de pays voisins et porté assistance à tous, sans aucune discrimination et conformément à l’esprit de l’Évangile. Au drame des personnes déplacées et des Syriens fuyant leur pays s’ajoute une problématique de long terme constituée par la fuite de la jeunesse, des cerveaux et du capital mais aussi de la communauté chrétienne dont l’identité est profondément enracinée dans l’Histoire du Christianisme, de la Syrie et du monde arabe.

 

 

La perception occidentale des enjeux liés au conflit syrien et sa couverture médiatique n’ont pas suscité uniquement l’indignation de Johnny Messo ou des représentants des Églises de Syrie mais aussi celle de nombreux syriens, quelle que soit leur appartenance communautaire. Le président du World Council of Arameans a rappelé que ce conflit est ce qu’on appelle en anglais une « proxy war », une guerre par procuration et que par leurs choix les gouvernements occidentaux semblent ne pas être informés de ce qui se passe réellement en Syrie. Selon M. Messo l’aide humanitaire occidentale n’atteindrait pas certaines communautés chrétiennes et le bilan de cette tentative de « démocratisation » forcée en Irak puis en Syrie est simple : aucun réel système démocratique n’a émergé dans la région, le terrorisme et la violence n’ont pas cessé d’augmenter tout en annihilant d’anciennes cultures et sociétés.

 

 

Pour Johnny Messo comme pour de nombreux chrétiens d’Orient les médias destinés au grand public semblent être biaisés et leur partialité les a conduits à passer sous silence certains rapports de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme – une structure pourtant favorable aux rebelles – qui ne collaient pas avec leur approche du conflit. Le représentant des Araméens s’est aussi interrogé sur le fait que très peu (voire aucun) de gouvernements musulmans ou de chefs religieux musulmans dans le monde avaient condamné les atrocités commises à l’encontre des minorités comme les Chrétiens. La situation des minorités, notamment chrétiennes, d’Irak, de Syrie et du sud-est de la Turquie est passé sous silence et Messo a exprimé son espoir que l’Umma en parlera avant qu’il ne soit trop tard. Cette question de la survie des minorités ne concerne pas seulement les Chrétiens mais aussi les Alévis de Turquie qui ont décidé de soutenir les Araméens / Assyriens. Johnny Messo a ajouté que les Chrétiens d’Occident doivent comprendre que sans les Chrétiens d’Orient leur avenir en Occident n’est pas assuré : l’Orient est le berceau du Christianisme et une menace grave pèse sur leur héritage culturel et religieux. Les Chrétiens d’Occident doivent beaucoup à leurs frères d’Orient qui sont actuellement victimes d’un véritable processus de purification religieuse et culturelle mené par les djihadistes et les États qui les soutiennent.

 

 

Dans ce conflit il n’est plus question de démocratie comme l’a rappelé Mgr. Kawak car les rebelles veulent instaurer un Etat islamique basé sur la Charia, ce que rejettent tous les Chrétiens mais aussi un très grand nombre des Musulmans syriens. Le mouvement Daesh (autre nom de l’Etat Islamique d’Irak et du Levant) et les autres groupes rebelles salafistes comme le front Al Nusra ont montré à Raqqa et Deir ez-Zor que les minorités et les Chrétiens ne peuvent pas vivre avec eux et n’ont aucune place dans leurs projets. Pour Mgr. Kawak, une des solutions à cette crise ou du moins un des moyens d’en atténuer le degré de violence serait de faire pression ou sanctionner les pays finançant et soutenant les groupes djihadistes.

 

 

Pour Samer Laham il ne s’agit pas d’une guerre de religion ou d’une guerre contre les Chrétiens mais plutôt, comme l’ont montré les rebelles, d’une guerre contre les Syriens ainsi que les Musulmans : les réfugiés proviennent de toutes les communautés et ceux qui jouent la carte religieuse afin de déclencher un conflit réellement confessionnel sont les extrémistes armés. Ces derniers n’hésitent pas à détruire autant les mosquées que les églises ou à attaquer au mortier des écoles musulmanes et chrétiennes, provoquant la mort d’innocents. Dans ce qui est devenu une guerre médiatique, Samer Laham remarque que plus personne ne parle de la Libye ou des conséquences du Printemps Arabe et qu’il existe un manque criant d’analyses en profondeur de la situation en Syrie ou au Moyen-Orient. Ainsi il a été rarement fait état du soutien apporté par de nombreux musulmans syriens à leurs concitoyens chrétiens et à leur tristesse mutuelle devant la destruction des églises et mosquées d’Alep.

 

 

Comme l’a indiqué Mgr. Antiba, les principaux médias occidentaux sont accablés d’une certaine myopie et l’attaque d’un village de son diocèse n’a pas été relatée dans une presse ne s’intéressant visiblement pas aux « quelques morts » de Khoraba et disant trop souvent « Vous exagérez, vous exagérez…».

 

 

Un autre exemple de cette guerre médiatique est le cas du massacre de Jisr al-Choughour commis le 3 juin 2011 et ayant coûté la vie à plus de 120 policiers et membres des forces de sécurité. Présenté par de nombreux médias occidentaux comme un massacre commis par les forces loyalistes à l’encontre de leurs collègues qui s’étaient mutinés et avaient refusé de tirer sur une foule de manifestants, ces exactions auraient été perpétrées selon Mgr. Nazzaro par les forces rebelles après une embuscade. De nombreux policiers ont été égorgés, leurs corps mutilés, leurs têtes exposées sur les murs de leur caserne et les corps de certains jetés dans l’Oronte [2].

 

 

Selon Samer Laham il est également rarement fait état du fait que le gouvernement syrien continue de verser le salaire de ses fonctionnaires notamment dans les zones rebelles, de fournir certains services publics et maintenir certaines infrastructures. De la même manière le statut de la femme syrienne (plus libéral sous le régime actuel que sous un califat ou État basé sur la Charia) ou la nature laïque de la République Arabe Syrienne garantissant la liberté religieuse et protégeant les minorités ne sont presque jamais évoqués par les médias occidentaux qui se montrent si souvent concernés par cette problématique. Comme l’a rappelé Johnny Messo les vérités cachées sur le conflit en Irak ont refait surface et il en ira de même dans quelques années pour le conflit syrien.

 

 

Communiqué de presse publié par les représentants des Églises de Syrie (la version originale en anglais peut être consultée notamment sur le site du World Council of Arameans) auxquels se sont joints également S.E. Mgr. Anba Louka (évêque de Romandie et du Sud de la France – Église Copte Orthodoxe) et le père Goosan Aljanian (Église Orthodoxe Arménienne de Suisse) [3]:

 

 

« Nous, représentants des Églises Chrétiennes de Syrie, adressons aux dirigeants politiques et spirituels du monde jusqu’à leur plus haut niveau ce message commun : les Chrétiens parlant d’une même voix et joignant leur efforts peuvent faire beaucoup de choses afin de panser les plaies qui saignent et épuisent la Syrie et son peuple.

 

 

Les Chrétiens et leurs valeurs peuvent amener ensemble tous les hommes de bonne volonté de toutes les sphères de la société syrienne pour travailler ensemble afin de trouver des voies de façonner le futur du pays, garantissant une vie décente basée sur les principes de justice sociale et économique, de liberté de religion, de démocratie et de respect des droits civils et politiques.

La présence chrétienne en Syrie est enracinée depuis l’éveil du Christianisme. Cette présence doit être maintenue et préservée autant par les Chrétiens que par les Musulmans qui ont partagé au cours de l’Histoire le même destin et la même vie quotidienne. Ceci garantira une vie en commun en paix et en harmonie pour les générations à venir.

 

 

Nous appelons tous les protagonistes du conflit et ceux les soutenant de n’importe quelle manière d’arrêter d’entretenir cette guerre et de soutenir les crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

 

 

Nous appelons tous les acteurs internationaux à soutenir tous les Syriens de bonne volonté afin de rebâtir une Syrie basée sur les principes de respect de tous ses citoyens, sans égard à leur appartenance religieuse ou convictions personnelles, et de ne pas interférer dans ses affaires intérieures.

 

 

Nous appelons les médias à présenter la vraie réalité du conflit syrien, basé sur l’éthique journalistique et de ne pas défendre les intérêts d’États ou d’individus impliqués.

Nous sommes certains que nous sommes pas seuls car nous avons foi dans Celui qui a défait la mort et est ressuscité des morts le troisième jour.

 

 

Nous prions Notre Seigneur d’envoyer Sa Paix sur notre pays et l’humanité.

S.E. Mgr. Dionysius Jean Kawak
Archevêque de Damas en charge de l’Office Patriarcal, Église Syriaque Orthodoxe

S.E. Mgr. Nicolas Balbaaki
Évêque de Bloudan et assistant patriarcal à Damas, Église Grecque Orthodoxe

S.E. Mgr. Nicolas Antiba
Archevêque de Bosra et Hauran, Église Melkite Grecque Catholique

S.E. Mgr. Giuseppe Nazzaro
Ancien vicaire apostolique d’Alep et ancien Custode de Terre Sainte, Église Catholique Romaine

Samer Laham
Directeur du département des relation œcuméniques et du développement du Patriarcat Grec Orthodoxe d’Antioche et de tout l’Orient – Damas

Ghassan Chahin
Représentant de l’Église Melkite Grecque Catholique au sein du Haut Comité à l’Aide Humanitaire du Ministère des Affaires Sociales de Syrie

Johnny Messo
Président du « World Council of Arameans – Syriacs », Église Syriaque Orthodoxe »

Gilles-Emmanuel Jacquet

Notes

[1] « Chrétiens de Syrie : L’enjeu crucial de parler d’une seule voix », Club Suisse de la Presse, 08/05/2014
[2] Sur le massacre de Jisr al-Choughour et les différentes versions de ces événements voir « Syrie : 120 policiers tués à Jisr al-Choughour, La Presse.ca, 06/06/2011 ; Syria crisis: Investigating Jisr al-Shughour, BBC News, 22/06/2011 ; Guy Delorme, « Massacre de Jisr al-Choughour: des images dures et des visages banals », InfoSyrie, 31/08/2011 et Sylvain Dorient, « Syrie : stop à la désinformation ! », Aleteia, 14/05/2014.
[3] « Christians are peace makers and bridge builders among conflicting parties », World Council of Arameans – Syriacs, 08/05/2014

 

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22/04/2014

Inde : un pasteur protestant inculpé au Kerala

 
 
 

 

 

Le pasteur David Grant, membre des Evangelical Assemblies of God World Missions, et missionnaire en Inde depuis 35 ans, a été arrêté, ainsi que son épouse Beth, alors qu’il descendait de l’avion à l’aéroport de New Dehli lundi dernier. Une plainte avait été déposée contre lui en septembre 2013, après une de ses visites au Kerala. Les autorités indiennes lui reprochent d’avoir violé son statut d’étranger, en fait d’avoir évangélisé ce qui est quand même le propre d’un missionnaire… Il devait être présenté aujourd’hui même devant un tribunal de Kozhikode (Kerala) pour répondre de cette accusation. Sajan George, président du Global Council of Indian Christians (GCIC) a dénoncé cette interpellation qui trahit « la différence de traitement qui est réservée aux missionnaires chrétiens en Inde » alors que les hindouistes ne se gênent pas pour faire du prosélytisme en Inde et à l’étranger…

Source : Asia News

 

 

- See more at: http://www.christianophobie.fr/breves/inde-un-pasteur-protestant-inculpe-au-kerala#!prettyPhoto

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21/04/2014

Joyeuse Pâques

Der Herristwahrhaftigauferstanden

 

TheLord has reallycomeback to life

 

     A L L E L U J A

 

 

 



De Heer is waarlijk opgestaan



Porque, si siendo enemigos, fuimos reconciliados con Dios por la muerte de su Hijo, mucho màs, estando reconciliados, seremos salvos por su vida (Rom 5, 10)

 

 

 

Christ  est ressuscité, il est vraimenressuscité.

 

 

Nel cielo apparve poi un segno grandioso: una donna vestita di sole. Era incinta e gridava per le doglie e il travaglio del parto. Allora apparve un altro segno nel cielo: un enorme drago rosso. Il drago si pose davanti alla donna che stava per partorire per divorare il bambino appena nato. Essa partorì un figlio maschio destinato a governare le nazioni, fu subito rapito verso Dio e verso il suo trono. Il grande drago che seduce tutta la terra, fu precipitato sulla terra e i suoi angeli con lui” (Ap. 12, 1-9)

Cristo è risorto, il drago è vinto

 

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11/04/2014

Pourquoi l'Evolution n'a-t-elle jamais été démontrée ?(4)

Créationisme 4.jpg

 

 

Dominique Tassot

 

 

 

"... Vous supposez que les animaux ont été originairement ce

 

qu'ils sont à présent. Quelle folie ! On ne sait non plus ce qu'ils

 

ont été qu'on ne sait ce qu'ils deviendront. Le vermisseau

 

imperceptible qui s'agite dans la fange, s'achemine peut-être à

 

l'état de grand animal ; l'animal énorme, qui nous épouvante par

 

sa grandeur s'achemine peut-être à l'état de vermisseau, est peutêtre

 

une production particulière et momentanée de cette

 

planète.10" Déjà dans l'Interprétation de la Nature, en 1754,

 

Diderot avait écrit :

 

"De même que dans les règnes animal et végétal, un individu

 

commence... s'accroît, dure, dépérit et passe, n'en serait-il pas de

 

même des espèces entières ? ... L'embryon a passé par une infinité

 

d'organisations et de développements,... il s'est écoulé des

 

millions d'années entre chacun de ces développements... il a peutêtre

 

encore d'autres développements à subir et d'autres

 

accroissements à prendre qui nous sont inconnus.11"

 

Plus loin, dans le Rêve, Diderot revient sur cette évanescence

 

de l'espèce :

 

"Qui sait si ce bipède déformé, qui n'a que quatre pieds de

 

hauteur, qu'on appelle encore dans le voisinage du pôle un

 

homme12, et qui ne tarderait pas à perdre ce nom en se déformant

 

un peu davantage, n'est pas l'image d'une espèce qui passe ? Qui

 

sait s'il n'en est pas ainsi de toutes les espèces d'animaux ?13"

 

Puis, dans la bouche d'un d'Alembert en proie à la fièvre,

 

Diderot évoque le temps comme s'il s'agissait d'une véritable

 

cause : "Que ne produiront point, ici et ailleurs, la durée et les

 

vicissitudes de quelques millions de siècles ?...14" Le Docteur

 

Bordeu lui répond alors en imaginant le mécanisme dont Lamarck

 

se fera champion : "Les organes produisent les besoins, et

 

réciproquement les besoins produisent les organes... La

 

conformation originelle s'altère ou se perfectionne par la

 

nécessité et les fonctions habituelles. Nous marchons si peu, nous

 

10 Diderot, Le rêve de d'Alembert (1769). Rééd. , intr. et notes de Paul

 

Vernière. Paris, Marcel Didier, 1951, pp.15-16.

 

11 Ibid. note 1

 

12 Il s'agit des Lapons, que Maupertuis avait étudiés en 1736-1737.

 

13 Diderot, op. cit., pp.58-59.

 

14 Ibid. p.66

 

Le Cep n°4. 3eme trimestre 1998

 

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travaillons si peu et nous pensons tant, que je ne désespère pas

 

que l'homme ne finisse par n'être qu'une tête.15"

 

Loin de se voir issu d'un couple originel, comme

 

l'observation rapprochée et la Bible l'avaient suggéré, l'homme des

 

Lumières en vint à l'idée d'une transformation indéfinie des

 

espèces, une durée illimitée aidant.

 

Ainsi, un siècle avant Darwin, alors que Lamarck était

 

encore au berceau, tous les traits de l'évolutionnisme moderne se

 

trouvent clairement posés, avec les arguments qui en charpentent

 

la dialectique et font sa force persuasive : mise à l'écart de la

 

perspective biblique, longues durées géologiques, flexibilité

 

indéfinie de l'être vivant.

 

Ce ne sont pas de savants naturalistes, confrontés à des faits

 

irréductibles, qui ont élaboré cette vision des origines. Tout à

 

l'inverse, l'activité des scientifiques a consisté et consiste encore à

 

justifier, affiner et doter d'apparences rigoureuses, une antique

 

thèse païenne, remise à la mode par les "philosophes" des

 

Lumières. C'est pourquoi les arguments contraires ne sont guère

 

pris en compte : l'affirmation autoritaire a toujours fourbi la

 

meilleure des propagandes !...

 

Lamarck s'était spécialisé dans l'étude des invertébrés,

 

notamment des mollusques. Il entrevit donc, le premier, un

 

mécanisme évolutif "scientifique" (c'est-à-dire fondé sur des

 

considérations de mécanique, alors discipline exemplaire de toute

 

science).

 

S'autopersuadant, extrapolant sans états d'âme des

 

mollusques aux vertébrés, il conclut : "En réfléchissant sur le

 

pouvoir du mouvement des fluides dans les parties très souples

 

qui les contiennent, je fus bientôt convaincu qu'à mesure que les

 

fluides d'un corps organisé reçoivent l'accélération dans leur

 

mouvement, ces fluides modifient le tissu cellulaire dans lequel il

 

se meuvent, s'y ouvrent des passages, y forment des canaux divers,

 

enfin y créent différents organes selon l'état de l'organisation

 

dans laquelle ils se trouvent.16"

 

15 Ibid. pp.67-69.

 

16 Lamarck, Philosophie zoologique (1809). Nouvelle édition revue par

 

Charles Martin, Paris, F. Savy, 1873; t. I, p.5.

 

Le Cep n°4. 3eme trimestre 1998

 

 

 

 

 

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04/04/2014

Pourquoi l'Evolution n'a-t-elle jamais été démontrée ?(3)

Créationisme 3.jpg

 

 

Dominique Tassot

 

 

 

Résumé : On croit souvent que l'évolutionnisme est issu des travaux de

 

savants naturalistes, Lamarck et Darwin, contraints par les faits à admettre

 

cette théorie. L'histoire des idées nous montre l'inverse : la thèse était

 

entièrement définie par les philosophes quand Lamarck dormait encore dans

 

son berceau. On comprend ainsi pourquoi elle est indémontrée et le restera .

 

Les faits ne se démontrent pas : ils se constatent. Or on n'a jamais constaté

 

l'apparition d'un organe nouveau chez une lignée dont les ascendants en

 

étaient dépourvus.

 

L'idée d'une origine des êtres vivants par "évolution" à partir

 

du non-vivant, puis par "métamorphoses" successives, est fort

 

ancienne Dans le De Natura Rerum, Lucrèce, poète et

 

philosophe latin du Ier siècle avant Jésus-Christ, écrivait : "La

 

terre mérite bien le titre de mère car c'est de la terre que

 

proviennent toutes les créatures. Du reste, même encore de nos

 

jours, on voit sortir de terre de nombreux animaux engendrés par

 

les pluies et le chaleur du soleil" (Livre V, 795-8). "D'elle-même

 

la terre a créé la race humaine et produit pour ainsi dire à date

 

fixée toutes les espèces animales" (V, 823)1.

 

Au 6ème siècle avant Jésus-Christ, le philosophe grec

 

Anaximandre voyait l'homme sortir de la mer, par métamorphose

 

du poisson, et Benoît de Maillet reprendra cette idée au début du

 

dix-huitième siècle, bien avant Lamarck ou Darwin. L'ancien

 

consul de France en Egypte, sous l'anagramme de "Telliamed",

 

imagine les entretiens d'un "philosophe indien" (donc dégagé de

 

tout "préjugé" biblique) avec un "missionnaire français".

 

Colligeant de nombreuses observations de géographie physique et

 

de sciences naturelles, il avait énoncé dès 1735 l'idée d'une lente

 

"diminution de la mer", amenant la "terrestrisation" progressive

 

des espèces vivantes. Quant aux espèces actuelles, il lui paraissait

 

qu'elles provenaient, par adaptation, d'anciennes espèces marines

 

assez semblables : "Pour en venir à présent à ce qui regarde

 

1 Lucrèce, De la Nature, trad. A Ernout, Paris, Les Belles Lettres, 1924.

 

Le Cep n°4. 3eme trimestre 1998

 

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l'origine des animaux, je remarque qu'il n'y en a aucun marchant,

 

volant ou rampant, dont la mer ne renferme des espèces

 

semblables ou approchantes, et dont le passage d'un de ces

 

éléments à l'autre ne soit possible, probable, même soutenu d'un

 

grand nombre d'exemples2." Ainsi les poissons d'eau douce "ont

 

reçu dans leur figure, comme dans leur goût, quelque

 

changement3" lorsqu'ils ont peuplé les rivières. Ainsi des poissons

 

ailés, tombés dans des roseaux, ont pu se métamorphoser :

 

"Tandis qu'ils trouvèrent dans les roseaux et les herbages

 

dans lesquels ils étaient tombés, quelques aliments pour se

 

soutenir, les tuyaux de leur nageoires séparés les uns des autres

 

se prolongèrent et se revêtirent de barbes ; ou pour parler plus

 

juste, les membranes qui auparavant les avaient tenu collés les

 

uns aux autres, se métamorphosèrent. La barbe formée de ces

 

pellicules déjetées s'allongea elle-même ; la peau de ces animaux

 

se revêtit insensiblement d'un duvet de la même couleur dont elle

 

était peinte, et ce duvet grandit. Les petits ailerons qu'ils avaient

 

sous le ventre, et qui, comme leurs nageoires, les avaient aidés à

 

se promener dans la mer, devinrent des pieds, et leur servirent à

 

marcher sur la terre. Il se fit encore d'autres petits changements

 

dans leur figure. Le bec et le col des uns s'allongèrent ; ceux des

 

autres se raccourcirent : il en fut de même du reste du corps.

 

Cependant la conformité de la première figure subsiste dans le

 

total ; et elle est et sera toujours aisée à reconnaître.4"

 

A ceux qui objecteraient l'invraisemblance de cette

 

métamorphose, Maillet répond que "la transformation d'un ver à

 

soie ou d'une chenille en un papillon serait mille fois plus difficile

 

à croire que celle des poissons en oiseaux, si cette métamorphose

 

ne se faisait chaque jour à nos yeux.5" Enfin, il suffit d'une

 

mutation pour donner le jour à une nouvelle espèce, et dans la

 

longue suite des temps, qui pourrait exclure cette possibilité ?...

 

"La semence de ces mêmes poissons portée dans les marais peut

 

aussi avoir donné lieu à cette première transmigration de

 

l'espèce, du séjour de la mer en celui de la Terre. Que cent

 

2 Maillet, Telliamed (1748), rééd. Paris, Fayard, 1984, p.248.

 

3 Ibid. p.249

 

4 Ibid. p.252

 

5 Ibid. p.253

 

Le Cep n°4. 3eme trimestre 1998

 

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millions aient péri sans avoir pu en contracter l'habitude, il suffit

 

que deux y soient parvenus pour avoir donné lieu à l'espèce.6"

 

Quant aux mammifères, leur transformation se laisse

 

facilement entrevoir puisque "le lion , le cheval, le boeuf, le

 

cochon, le chameau, le chat, le chien, la chèvre, le mouton ont

 

(comme le singe et l'éléphant), leurs semblables dans la mer.7"

 

Enfin l'homme marin est bien attesté. Le 18 mars 592, un

 

officier de la Basse-Egypte en aperçut un couple ; en 1430, en

 

Hollande, on trouva une fille ensevelie dans la fange. On put lui

 

apprendre à se vêtir et à filer, mais pas à parler. Enfin plus de dix

 

récits de voyageurs font état de créatures humaines en partie

 

couvertes d'écailles, de même que Maillet lui-même put voir à

 

Tripoli un noir velu, originaire de Bornéo, ayant "une queue d'un

 

demi-pied de longueur qu'il (lui) montra.8"

 

Malgré les outrances dues à la monomanie de son système, il

 

faut reconnaître à Maillet le mérite d'avoir énoncé bien des traits

 

des futures doctrines évolutionnistes : les espèces de transition

 

assurant le passage entre les ordres, la modification des organes

 

sous l'effet des circonstances, le recours à la durée pour rendre

 

probables les faits inobservés, etc. Comme Desmarets, mais en le

 

disant, il voulait "donner le démenti à Moïse", et Leibniz lui en

 

fera le reproche :

 

"Certains expliquent les fossiles marins, écrit-il dans sa

 

"Protogée", en disant que les animaux qui peuplent aujourd'hui la

 

terre étaient aquatiques, qu'ils sont devenus amphibies à mesure

 

que les eaux se sont retirées, et que leur postérité a enfin

 

abandonné leurs demeures primitives. Mais, outre que ces

 

opinions sont en opposition avec les saintes Ecritures, dont nous

 

devons pas nous écarter, l'hypothèse, envisagée en elle-même,

 

offre d'inextricables difficultés.9"

 

En 1769, dans son Rêve de d'Alembert, Diderot reprendra

 

l'idée d'une transformation des espèces au cours de ces durées

 

indéfinies que la géologie de Buffon laissait envisager :

 

6 Ibidem.

 

7 Ibid. p.254

 

8 Ibid. pp.258-273

 

9 Leibniz, Protogeae (1749). Protogée ou de la formation et des révolutions

 

du Globe. Trad. Dr Bertrand de Saint-Germain, Paris, Langlois, 1859, p.14.

 

Le Cep n°4. 3eme trimestre 1998

 

 

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